Johnny Hallyday et le grand banquet
forum alternant tout ce qui concerne Johnny Hallyday avec nous.

2016

Aller en bas

2016

Message par Hello le Mer 26 Déc 2018, 09:48

Very Happy
avatar
Hello
Chef coq indien

Points : 260647
Messages : 245631
Réputation : 447
Date d'inscription : 06/11/2009
Age : 48

http://johnny-hallyday-4.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: 2016

Message par Hello le Dim 30 Déc 2018, 21:35








Johnny HALLYDAY - Rester Vivant Tour (2016)


Lorsque Johnny décède, il y a un an jour pour jour, j'entends (ou vois sur les réseaux sociaux) beaucoup de personnes blaguer en ressortant le nom de son ultime album live, reprenant néanmoins le titre de son avant-dernier studio alors qu'il y a eu De l'Amour entretemps. "Il l'a appelé Rester Vivant, ah bah voilà, c'est ballot, il a raté son coup, hi hi hi !" Dans un instant pareil, je n'ai guère envie de rire, mais bon, à chacun sa réaction.

Ce qui est troublant, c'est cette tête de mort sur fond noir qui hante la pochette et semble veiller, un style d'art dont Johnny n'était pourtant guère coutumier, pas même au temps d'Hamlet. Le disque live, cependant, est l'empreinte d'un Johnny en forme olympique, rien ne laisse soupçonner que c'est le dernier d'entre tous, sorti en temps et en heure de son vivant, pas même le fait qu'il s'agit d'un triple live, avec plusieurs morceaux-surprises, jamais joués ou pas depuis longtemps.

Dès l'introduction, les murs du Palais 12 de Bruxelles résonnent des roulements de batterie de Geoff Dugmore, des boucles de synthé d'Alain Lanty, des guitares blues de Robin Le Mesurier et Yarol Poupaud. Ce cher Yarol Poupaud qui révèle son talent d'arrangeur et seul, sans Yvan Cassar et ses orchestres. On mesure mieux que jamais ses qualités en la matière, sachant que les guitares solistes sont enflammées, et que le bonhomme partage le micro avec Johnny sur "Fils de personne".

Johnny au micro pour son dernier tour de force en compagnie de son public, public avec qui il dialogue mieux que d'ordinaire, il s'adresse plus à ses musiciens aussi. Il joue sur la dualité de sa propre histoire, "sang à moitié français et belge", et rend hommage aux victimes des attentats collatéraux, ceux de janvier et novembre 2015 à Paris et ceux de mars 2016 à Bruxelles, trois jours avant le concert. Il a donc fallu attendre cette année 2016 pour un live digne de ce nom, pas uniquement musical, et un Johnny HALLYDAY plus proche que jamais. À moins que ce soit nous, auditeurs, qui tenons à le voir ainsi, avec le recul surtout ?

C'est comme les arrangements de Poupaud, géniaux en tous points, inventifs et adaptés, du moindre riff de guitare aux solos d'un saxophone plus généreux que les années précédentes. Dugmore fabuleux, Zlap fou furieux ("Gabrielle" !), choristes excellents ; Lanty, Vernerey, Le Mesurier etc, ces messieurs ont un nouvel atout appelé Jean-Max Méry (-M-, DE LA SOUL), dont l'orgue Hammond apparaît comme une guitare supplémentaire après l'harmonica, une bénédiction pour les amateurs de cet instrument. Les transitions sur "Noir c'est noir", la remontée sur "J'ai oublié de vivre", les solos sur "Rester vivant" et "Le pénitencier", maaah que c'est bon !

"L'envie" sans cuivres rejoint l'originale, et passe pour la meilleure version depuis longtemps (ces guitares, purée !), tandis que celle de "La terre promise" s'en éloigne, plus rapide, en ajoutant les cuivres justement et ça rend bien. Les reprises des années 50 et du King Elvis, "Mystery Train" en tête, sont excellentes. "L'idole des jeunes" donne toujours le sourire, Poupaud s'énerve délicieusement sur "O Carole", Dugmore suit Johnny de près sur "De l'amour"... Trois CDs ne sont point de trop pour toutes ces idées, même si le véritable concert d'un seul tenant s'arrête avec le deuxième ; le dernier est réservé aux bonus, morceaux enregistrés pendant la tournée. "Un dimanche de janvier" n'en est pas moins percutant (tout comme le BREL), bien entendu rattaché aux (divers) attentats, et même si ce morceau est connoté, c'est une facette de Johnny plus douce séduisante et trop peu exploitée, aussi bien en tout cas. Johnny impérial au chant, a-t-on besoin de préciser tout le long ? Johnny au top, malgré les excès, malgré la vie, jusqu'au bout...

Johnny "Seul", qui tente de "Rester vivant", fait un détour "Au café de l'avenir" sans chercher à "Te manquer", public chéri, voilà de quoi défendre dignement un album solide dont il retire les meilleurs moments. Et puisque qu'il y a deux albums à défendre cette fois, De l'Amour n'est certainement pas en reste, avec certains de ses meilleurs titres, et le concours de YODELICE aux guitares slide/baryton, seul invité d'honneur. Ce n'est pas plus mal d'ailleurs, car aussi "grand" soit-il, ce concert bruxellois apparaît comme plus personnel à plus d'un titre, avec l'appui des musiciens que Johnny préfère (Amy Keys de retour, après une visite à TOTO, de justesse pour porter la "bannière Phil Collins" jusqu'au bout puisque le trompettiste Harry Kim n'est plus là).

On en revient aux surprises, parfois de taille. Bien sûr, il y a quelques incontournables qu'on contourne facilement, afin de mieux recevoir "Je suis victime de l'amour", sans annonce du patron, rien, un morceau perdu d'un album oublié appelé La Peur (1982). De la traversée du désert par Johnny à cette période, il reste un "blues'n'roll" bien taillé. L'intéressé préfère miser sur la première moitié des années 70, avec une rareté extraite de Rock'n'Slow (1974), "Nadine", une autre de Je T'aime Je T'aime Je T'aime (1974), "J'ai pleuré sur ma guitare" (jolie ballade country), une de Insolitudes (1973), "J'ai besoin d'un ami" (folk non-moins beau), toutes de vraies réussites. Pourquoi n'a-t-il pas eu l'occasion de faire ainsi plus souvent, bon sang ? À mon avis, fort de cette expérience, il aurait continué, par la suite. Et si "Un dimanche de janvier" était pressenti pour terminer la sélection, on n'en est que mieux surpris avec "Tomber c'est facile", avant-dernier morceau de l'excellent album Country, Folk, Rock (1972), pas un "grand" final mais tout aussi bien, qui réunit le groupe pour la dernière fois.

La dernière. C'était la dernière, ainsi va la vie. En espérant que depuis un an, tu as continué la tournée, là-haut.
RIP Johnny.






avatar
Hello
Chef coq indien

Points : 260647
Messages : 245631
Réputation : 447
Date d'inscription : 06/11/2009
Age : 48

http://johnny-hallyday-4.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum