Johnny Hallyday et le grand banquet
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Message par Hello le Mer 26 Déc 2018, 09:10

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Re: 1969

Message par Hello le Mer 26 Déc 2018, 21:44

1969 : l'année égotique


En janvier 1969 paraît le 45T "Fumée", associé à un morceau plus bluesy, "Je suis l'amour". Les deux chansons sont interprétées chez Drucker, où le chanteur, barbe fine et yeux hagards, apparaît tout de blanc vêtu.

Début février, il séjourne avec son épouse à Rio de Janeiro. Le 15, il annonce la constitution officielle d'un nouveau groupe pour sa tournée française. Elle précède un show démesuré qui démarre le 26 avril au Palais des Sports de Paris.

Jusqu'au 4 mai, pas moins de 165 000 personnes se seront déplacées pour ce spectacle autopromu "halluciné et hallucinant". En plus de son groupe, Johnny a convoqué 17 musiciens classiques, dirigés par Jean-Claude Vannier. Le show se déroule sur deux scènes et se termine dans un combat de boxe avec une chanson inédite, "Caché derrière mes poings". Simultanément sortent l'excellent 45T "Rivière ouvre ton lit"/"Je te veux" et un album live du spectacle, "Palais des Sports 69".



L'actualité discographique s'accèlère. Le 6 mai voit également paraître le LP "Je suis né dans la rue", avec l'équipe des Stones aux manettes. La direction musicale a été entièrement confiée à Micky Jones et Tommy Browne, qui donnent une couleur heavy-blues à l'ensemble du disque, enregistré dans les mythiques Olympic Studios. Un ou deux titres un peu faibles ("Viens") n'empêchent pas cet album de figurer parmi les oeuvres les plus cohérentes et abouties d'Hallyday. On remarque notamment Ronny Laine et Steve Marriot, deux membres du groupe Small Faces (dont le chanteur, Rod Stewart, n'a pas encore viré soupe), à la guitare, à l'orgue et à la basse, et les chansons adaptées de leur répertoire conviennent bien à l'écrin ("Réclamation"). Si on n'y entend pas de cuivres, la pochette intérieure montre Jean Tosan, saxo depuis 1961, et Gérard Pisani à la trompette, qui rejoindra peu de temps après le groupe Martin Circus.



L'album sera pourtant éclipsé rapidement par une autre chanson qui n'y figure pas. Le 7 mai, les célèbres Gilbert et Maritie Carpentier réalisent pour la télé le fameux "Show Smet". Johnny et Sylvie s'en donnent à coeur-joie dans différents tableaux (dont un "Adam et Eve" d'anthologie, où le chanteur joue aussi le rôle du serpent). C'est ce soir-là qu'est aussi présenté "Que je t'aime" à des millions de téléspectateurs. Il est dit que personne n'avait prévu de publier cette chanson en 45T (elle figure cependant sur le live), mais la réaction du public à l'écoute de ce slow torride en décidera autrement. Fin mai sort donc le single "Que je t'aime", dernier "super 45T" de l'idole (à l'avenir, les singles comporteront deux titres au lieu de quatre). Numéro un tout l'été, il s'écoulera à plus de deux millions d'exemplaires : c'est à ce jour le plus gros carton en simple du rocker.

Durant l'été, Johnny Hallyday se rend en Espagne. Il tourne, sous la direction de Sergio Corbucci, un western spaghetti, "Le spécialiste", l'histoire d'un cow-boy qui revient venger son frère. Le film ne fera pas recette, et pour cause. N'est pas Clint Eastwood qui veut.

En septembre est mis en boîte le premier duo officiel avec Sylvie Vartan : "Les hommes qui n'ont plus rien à perdre", qui figurera, heureusement, sur l'album de madame. Un 45T inédit, la B.O. du téléfilm "L'or des Mackenna", sort aussi à ce moment. Une chanson en deux parties, dont la signature de Quincy Jones représente le seul intérêt.

Une tournée triomphale à travers la France et en Belgique se poursuit, de la rentrée jusqu'en décembre. Gilles Thibault, le parolier de "Que je t'aime", lui souffle un soir après le show l'idée de réaliser un opéra-rock ("Hair" déferle sur les écrans). Les prémices d'"Hamlet Hallyday"...
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Re: 1969

Message par Hello le Dim 30 Déc 2018, 23:05












Johnny HALLYDAY - Rivière... Ouvre Ton Lit (1969)

Oubliez tout ce que vous savez ou croyez savoir au sujet de Johnny HALLYDAY. Cet album est un des albums les plus électriques du rock français et le plus barré de l'idole des jeunes.

A cette époque, les amis de Johnny s'appelaient Jimi Hendrix, Mick Jagger et sur cet album, les musiciens, en plus des fidèles Micky Jones et Tommy Brown, se nomment Steve Marriott et Ronnie Lane (des Small Faces) et Jimmy Page (de... vous savez qui). Un jeune guitariste, qui accompagnera JH pendant de nombreuses années, Jean-Pierre « Rolling » Azoulay, fait également ses premières armes sur cette tuerie.

En effet, c'est du brutal et ce dès le morceau éponyme (en fait l'album n'a pas de titre mais on fait comme si). Sur fond de guitares distordues et hurlantes, Johnny nous parle d'une « rivière qui s'ouvre à tous et au fond laquelle il veut descendre pour toucher le fond de son malheur ». On ne sait s'il parle de femmes ou de drogue, d'autant qu'en 1969 Johnny avait abandonné les cachous pour d'autres substances...
… et dans « Voyage au pays des vivants », cela s'entend. Les guitares sont toujours hallucinées, ce qui n'a rien de surprenant au vu de « jouets de soldats morts poursuivant des enfants », de « doigts du soleil aux ongles de diamants capturant son esprit » et du désormais mythique « scarabée mort le jour de sa naissance et qu'il porte autour du cou (1)». Ce morceau est un des plus grands titres de toute la carrière de notre bonhomme.
Le périple se poursuit avec « Amen », adaptation d'un morceau des Small Faces. Johnny chante à merveille mais le morceau n'est pas inoubliable malgré la fournaise que crée la guitare de Jimmy Page et qui sauve le morceau.
Les guitares, toujours (Page), avec « Viens », au texte de Gilles Thibaut et à ses images hardies lorsque le chanteur se propose de « faire bêler » la jeune femme à qui il s'adresse.
Dans « Réclamation », comme le titre l'indique, Jojo n'est pas content, il demande à parler au « grand patron (car) il ne veut pas de ce monde là où les cœurs des filles sont en pierre et les océans en larme (et même que) donner ce monde aux enfants c'est du vol ». Bon, une fois calmé, c'est une adaptation d'un morceau signé Steve Mariott et Ronnie Lane (2) que reprendra Humble Pie sur As Safe as Yesterday Is (leur premier album).

Autre morceau signé Marriott-Lane (2) et première accalmie dans l'album, « Regarde pour moi » est une chanson sur la mort dans laquelle Johnny demande à quelqu'un de « regarder s'il n'y a pas une femme en noir là-bas dans l'ombre avec une faux entre les mains mais, par pitié, de ne rien lui dire ». La mélodie est superbe, l'accompagnement aussi, Johnny chante merveilleusement bien et Jimmy Page fait de jolis solos à la guitare acoustique.
Avec « Je te veux » et ses voix trafiquées, ça y est, ça le reprend, il est « le fils de l'homme et de la femme, ca l'étonne, il croyait être d'avantage (…) il lève la tête et brûle les nuages. Et voici la folle qui danse sans faire de mouvements et fait tomber la mer au fond de son rire. » Mais, où vas-tu Johnny ?
Peut-être rejoindre « Les anges de la nuit » ? Sur fond de flutiaux et de guitares, c'est le morceau le plus raté de l'album, trop mou pour être du rock, trop bizarre pour être de la variété.
Après ce coup de mou, « Je n'ai besoin de personne » revient au fracas, au tumulte. Les guitares tirent partout comme des snipers alors que Johnny « peut bruler les églises, éclater de rire, pleurer s'il le veut (mais) jamais penser à quelqu'un car il n'a besoin de personne pour l'aider ».
Pour finir, enfin, Johnny nous raconte l'épopée de Jean-Philippe Smet, « né à Paris, dans la rue, par une nuit d'orage, un soir de juin 1943 ». Bon, en vrai il est né dans une clinique de la Cité Malesherbes, Paris 9è, près du métro Pigalle. Mais le morceau est vraiment une orgie de guitares en fusion et Johnny se prend au jeu en prenant une voix sournoise pour murmurer des « underground », des « wild thing ». C'est la fête des fous, le sacre du printemps. Il se paye même le luxe de conclure cet album psychédélique par un rire méphistophélique.

Cet album est un moment de folie dans la carrière protéiforme de Johnny, il n'a rien fait de semblable avant et il ne retentera plus cette aventure après, et c'est dommage car c'est son plus grand album. Sinon quelle pochette !


(1)En fait l'histoire est plus simple qu'on ne le croit : Johnny avait un pendentif constitué d'un scarabée mort. Un jour, il le perdit. Quelques temps plus tard, dans un marché aux puces, il en retrouva un semblable, au dos duquel était indiqué 15-06-1943 (sa date de naissance). La coïncidence était amusante et Long Chris, l'auteur de la chanson a su en tirer une phrase mythique.
(2)En fait sur l'album, le morceau (ainsi que « Regarde pour moi ») est signé Marriott-Lane alors que sur celui d'Humble Pie, la signature de Lane a disparu.






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Re: 1969

Message par Hello le Lun 31 Déc 2018, 18:25








Johnny HALLYDAY - Que Je T'aime (palais Des Sports 69) (1969)



Quelques semaines après Rivière... Ouvre Ton Lit et un nouveau numéro 1 des ventes (son troisième consécutif), Johnny HALLYDAY donne au Palais des Sports ce que Rock'n'Folk appelle à l'époque son show de l'an 2000, faisant fi des 31 années restantes. Il veut clore les années 60 et son premier marathon de célébrité en grande pompe, alors il met les moyens.

En dehors de ses musiciens (les New Blackburds), l'orchestre de monsieur Jean-Claude Vannier, artiste émérite qui a travaillé sur l'album Rêve et Amour et qui s'illustrera quelques temps plus tard aux côtés de GAINSBOURG pour Melody Nelson. Comme il doit se passer toujours quelque chose durant le show, un vrai cirque a lieu grâce à la venue de cracheurs de feu, jongleurs, athlètes, danseuses point trop vêtues... Sauf que la vraie bête de scène, c'est Johnny, vite débarrassé de son chapeau et de son masque qu'il porte au début. Ce spectacle se situe à la base de toutes ses grand-messes à venir.

On trouve une trace vidéo filmée par Guy Job dans le documentaire 5+1, également consacré aux ROLLING STONES. L'image n'est pas bonne, très sombre, comme le concert en audio se trouve charcuté, en termes de son (sur le moment, l'orchestre de Vannier ressort parait-il mieux que Johnny et son groupe), de composition aussi avec pas mal de morceaux coupés sur la bande finale. En outre, la nouvelle chanson "Que Je T'aime", écrite par Gilles Thibaut / Jean Renard et arrangée par Vannier est présentée dans une version studio-live, capturée avant le concert où elle a bien été jouée.

Il n'est donc guère étonnant de ne pas ressentir l'hystérie des fans à l'arrivée de cette ballade puissante grâce sa dramaturgie malgré un refrain légèrement bourrin. Le tour de force était d'arriver à donner à Johnny la capacité de libérer tout son talent d'interprète, celui qui chante comme si sa vie en dépendait, au travers de ce qui peut vite constituer les éléments de sa caricature. Dans le même genre, je préfère la finesse d'"Entre Mes Mains" - également jouée mais absente ici -. Seulement, il y a une pensée émouvante avec "Que Je T'aime", que Johnny dédie à Sylvie malgré tous ses excès, ses tromperies et leurs déboires, quand on sait qu'ils auront un grave accident quelques mois plus tard, laissant la blonde défigurée.

À part cela, les inconvénients ne jouent pas en faveur de ce disque considérablement diminué en tout, sauf en bonne énergie et c'est le plus important. Passons vite sur le bonus de l'édition CD, "Caché Derrière Mes Poings", autre composition de Jean Renard sur un texte de Gilles Thibaut, qui sert de prétexte à Johnny pour jouer au boxeur tout suant et ensanglanté sur un vrai ring et en musique (nouveau champion mondial, pffff !), après nous avoir montré son sens du karaté en 62 à l'Olympia... D'un intérêt discutable sur disque donc, en image c'est déjà bien lourdingue !

Le mieux reste donc d'écouter les extraits des trois excellents derniers albums avec ce groupe génial qui n'en a plus pour longtemps. Le vétéran Jean Tosan quitte le navire un an plus tard, et il est très intéressant de l'entendre ici se prêter au jeu du psychédélisme, délaisser son sax ténor classique et doubler Pisani au soprano, ce qui donne une couleur orientale à bon nombre de morceaux, quand ce n'est pas la flûte traversière qui s'y met ! Bien sûr à côté, il y a toujours Jones, Brown, Donnez, Azoulay qui assurent au maximum.

En parlant des extraits donc, surtout ceux de Rivière... Ouvre Ton Lit, avec cette chanson-titre encore plus folle, "Je Suis Né Dans la Rue" bien balancé (l'original demeure inégalable) ainsi que ce "Voyage au Pays des Vivants", deuxième carte de visite pour le Johnny de l'époque. N'empêche que sur la jam centrale, il clame sous les applaudissements "Je ne recommencerai jamais ! Je ne prendrai plus jamais de LSD ! Je ne fumerai jamais plus de haschich !" avec sans doute le sentiment d'y croire vraiment. Sans doute, sans doute... Mouarf ! Les bons moments de ce live sont suffisants pour donner envie d'y revenir, alors on peut passer facilement sur les aléas techniques.





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